Charognards sous contrat
Je n’ai jamais cru à l’Amérique. Je crois encore moins à ceux qui prétendent la sauver. Mais parfois, on se retrouve à devoir recâbler les fondations d’un empire, pendant que deux clowns s’imaginent stratèges dans un monde qu’ils ne comprennent même plus.
Ils s’appellent Trump et Musk. Et j’ai été payé pour leur offrir une victoire.
Trump, c’est le carnaval permanent. Un homme-panneau publicitaire pour la vulgarité, la démagogie et les costards trop grands. Mais je lui concède une chose : il est dangereux. Il a cette espèce de charisme toxique qu’ont les gourous de secte et les vendeurs de miracle. Il sait flairer la bêtise collective comme un cochon cherche la truffe, et il en joue avec une virtuosité qui frôle le surnaturel. Il est grotesque, mais jamais tout à fait seul.
Musk, par contre... Putain.
Musk, c’est un mystère. Pas le genre fascinant. Le genre obscène. Un vide ambulant recouvert d’argent, de buzzwords et de tweets à 3 grammes du matin. Il croit être un ingénieur parce qu’il a racheté Tesla. Il croit être un philosophe parce qu’il a lu deux lignes de Nietzsche. Il parle comme un ado trop sûr de lui, se sentant invincible grâce à son gosse qui lui sert de bouclier humain. Et les gens… ils le suivent. Ils l’écoutent. Comme des mouches fascinées par une ampoule qui grésille. Il pourrait leur vendre un grille-pain connecté à leur anus, et ils diraient merci.
Je l’ai vu. En chair, en ego. Un regard vide. Un rire mal calibré, mécanique, comme un étron qui tente pathétiquement d’imiter l’humanité. Il transpire la gêne, l’insécurité, la vanité. Il est incapable de soutenir une idée, une conversation, une pensée. Juste un brouillard de jargon et de postures.
Musk mourra seul. Peut-être riche. Mais seul. Et même son ombre refusera de lui tenir la main.
Ils ont payé le Laboratoire Hubert Curien. Versé une somme à six zéros pour “recherche en algorithmique avancée”.
Moi, j’ai reçu une valise et une mission : renverser les tendances, activer les relais, amplifier le doute. Un virus idéologique planté dans les États indécis, là où les voix comptent plus que les hommes.
Je l’ai fait. Pas parce que je voulais. Parce que je n'avais pas le choix. Et je me haïrai jusqu’à la fin de mes jours pour quand même y avoir pris part.
Et pendant ce temps, eux... L’un se pavane dans ses hôtels dorés comme un roi sans royaume. L’autre joue à Dieu depuis son bunker en verre trempé.
C’est la deuxième fois que le laboratoire m’envoie foutre les mains dans leur merde outre-Atlantique… et j’ai comme le pressentiment que ce ne sera pas la dernière.
— Klark